Ayant entendu dire du bien de ce documentaire, je me suis donc décidé à aller le voir avant que ce dernier ne disparaisse de l'affiche.

J'y suis tout de même allé avec une certaine méfiance. Méfiance renforcée par le « Cauchemar de Darwin », car j'ai appris après coup que le trafic d'arme en provenance d'ex-URSS était très largement supposé par le réalisateur mais proposé comme un fait au spectateur.

Pour en revenir à We feed the world, le premier plan du film laisse interrogateur car on y voit du maïs en train de brûler. On enchaîne ensuite sur les tonnes de pain qui sont jetées chaque jour à Vienne. Puis on revient à l'explication du premier plan du film en apprenant de la bouche d'un agriculteur roumain ou allemand qu'en Europe on produise du maïs pour le brûler afin de produire de l'éléctricité. Et ainsi de suite sur tous les aspects de l'alimentation, de la culture des légumes en Roumanie aux élevages industriels de poulets. Tout les témoignages étant développés par rapport à l'Europe, j'ai trouvé ici un reportage qui ne détourne pas trop l'attention sur notre mode de vie en pointant du doigt d'autres grands pays comme les États-Unis ou l'ex-URSS (prenons par exemple Mondovino ou bien encore Le cauchemar de Darwin).

Le film démontre plutôt bien les conséquences que peuvent avoir notre surproduction alimentaire sur la planète et sur l'Europe. On n'y apprend pas grand chose de nouveau pour peu que l'on prenne la peine de s'informer. Mais il est toujours intéressant de voir des personnes témoigner à leur échelle. Comme cet employé de chez Pioneer (n°2 mondial des semences et pas la firme japonaise de produits électroniques) disant aux paysans roumains « J'espère que vous n'aurez pas l'argent pour acheter des semences hybrides que nous vendons » car ces semences produisent des légumes sans goût et appauvrissent les sols. On y voit la dualité des gens qui génèrent de la surproduction tout en sachant que c'est mauvais.

En résumé, un documentaire à voir pour tous ceux qui se nourrissent sans se poser de questions. Il a l'avantage d'être Européen plutôt que mondial, ça aide à se remettre en question sur ce qui se passe près de chez nous (hein Mamie Tromblon).