Voilà bien une catégorie de gens qui m'interpelle. Mais d'abord, je vais vous donner une définition de ce que bien être un adepte de la modification de voiture (d'ailleurs je vais contracter voiture et tuneur en voituneur).

Voituneur  : (n)  adepte de déstructuration d'intemporalité véhiculaire.

A mon sens il existe deux grandes catégories. La catégorie audio et la catégorie extérieure. On peut ramifier la catégorie audio en deux sous branches qui sont :

  • boum boum boum mais pas trop

  • BOUM BOUM BOUM mais très beaucoup

La première est la plus commune. C'est celle que vous croisez tous les jours, que ce soit à pieds, ou en voiture. Les "boum boum boum mais pas trop" ont pour but d'installer dans leur moyen de locomotion le système audio denier cri permettant de faire "cracher les basses". Tout ce matériel acheté à prix d'or est bien sûr destiné à l'écoute de musique entrant la catégorie "techno", et accessoirement "rap".  La techno ce résume à la production de deux tonalités, "boum" et "boum" plus grave. Je suis persuadé que le commun des mortels peut produire plus de gammes de sonorités rien que par l'émission de flatulences. Quant au rap, comme les paroles sont en général assez violentes, on pourrait résumer en "assassin de les pépitos" (je sais ça ne veut rien dire, remplacez les pépitos pas la police ça ne changera rien). Voilà, vous avez donc une idée  de ce qu'est la frange douce des voituneurs audio.

Le deuxième milieu est lui très spécial. Le principe est de se munir d'un matériel audio permettant de produire des sons extrêmes. Pour ce faire, la modification du véhicule passera par le renforcement en béton de la structure générale, ainsi que la pose de vitres blindées d'une épaisseur de plusieurs centimètres. Le système audio doit être assez puissant pour que, si vous vous installiez dans ce type de véhicule, le son émit vous fasse ressortir le cerveau par les oreilles. Le résultat final est une voiture pesant plusieurs tonnes de plus qu'à l'origine, inconduisible car ce n'est pas le but recherché. "C'est quoi ta voiture ? Une brique".

Passons maintenant à la catégorie dite extérieure. On peut comme pour l'audio séparer en deux sous-groupes, qui sont :

  • j'y connais rien en mécanique/carrosserie  alors j'achète des accessoires

  • je m'y connais un peu et je fais tout moi-même

Le premier groupe est assez ancien. Pour ce que je m'en rappelle, cela existe depuis que la voiture est devenue financièrement accessible à la majorité des gens. Qui ne se souvient pas des magnets estampillés "Turbo", mais pas dans le lettrage d'origine du véhicule? Lada Niva 1300 "TURBO GTI NITRO", ça en jette, non? De même qui ne souvient pas des housses de siège (et accessoirement de volant) en imitation léopard? Tout ceci a bien sûr évolué depuis. De nos jours fleurissent les enjoliveurs "j'ai acheté ça en promotion chez Lidl". Ou bien encore les autocollant de pare-brise arrière vantant la "Je Me La Touch". Oui, mais laves-toi les mains avant de passer à table.

L'autre groupe est plus récent. Cela est dû au développement d'entreprises proposant des pièces mécaniques et de carrosserie personnalisées (le mot est fort). De même la démocratisation du mastic, pâte à la couleur beige, à permis l'augmentation de la population de "modeurs" (pour reprendre un terme informatique). On voit donc fleurir toute une gamme de pots d'échappement taille boîte de conserve de petits pois familiale. Je suis sûr que certains sont estampillé "Bonduelle" (chut chut pas de marque) . On peut aussi apercevoir certains appendices disproportionnés par rapport à la taille de la voiture. Quelques exemples :

  • "T'as vu mon nouvel aileron? Je l'ai fabriqué à partir des plans d'une aile de Boeing"

  • "Ptin, avec ce nouveau spoiler avant, je ramasse tout, même les crottes de chien. Et ça fait aussi transpalette."

  • "Pour mon nouveau pot, j'ai adapté une tuyère de la navette Columbia"

  • ainsi de suite

Je ne parlerais même pas des pneus taille Maïté et des amortisseurs taille mini-moi. Ah ben si, j'en ai parlé. Quel dommage Madame Chombier.

A prendre au second degré